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Transcription - Comment vivre au mieux son expatriation ? Episode 13 - Nadege Fayard

Ecoute l'épisode ici.


AM : Bonjour à toi ami·e non-francophone ! Bienvenue dans cet épisode de la section « Trucs et astuces » où je te propose d’écouter les conseils d’un ou une experte pour t’aider à devenir toi-même en français, dans le pays francophone où tu habites. Aujourd’hui je reçois Nadege Fayard, coach en mobilité internationale et serial expat. Bonjour !


NF : Bonjour Alice


AM : Avant de te poser les premières questions, je rappelle à nos auditeurices que la transcription de notre entretien sera disponible sur le blog de mon site internet www.aliaé.fr.

Alors, Nadège, tu es franco-Néo-Zélandaise...


NF : Exact.


AM : Je t’ai présentée comme une « serial expat », tu as vécu dans 9 pays sur 4 continents sur les 20 dernières années, c’est ça ?


NF : 9 pays sur 4 continents en effet...


AM : Il t'en manque un...


NF : Il m'en manque un, en fait il m'en manque peut-être même 2. Donc l'Afrique que je n'ai jamais fait et les pays de Middle East que je n'ai pas faits non plus, donc tout ce qui est Dubaï… est-ce que c'est considéré comme un continent ? C'est une zone géographique par laquelle je suis passée mais sur laquelle je ne me suis pas arrêtée pendant un certain temps.


AM : Professionnellement, tu es coach en mobilité internationale pour le dire simplement mais je sais que tu aimes te définir comme « Facilitatrice de transition » parce que tu vois la vie comme une transition perpétuelle et tu veux faciliter ces transitions. Les transitions, elles sont peut-être plus évidentes (dans le sens de « visibles ») quand on parle d’expatriation. On imagine bien une expatriation, les départs, une arrivée dans un autre pays, des emménagements, déménagements etc.

En quelques mots, est-ce que tu peux donner une définition de l’expérience d’expatriation que toi tu connais et que tu accompagnes professionnellement (pour qu’on sache un petit peu de quel point de vue, de quoi on va parler exactement dans cet épisode).


NF : D'accord ok

Alors avec grand plaisir. Alors l'expatriation, c'est une personne qui quitte son pays pour aller s'installer dans un autre pays dans lequel il va être résident pour une certaine durée ou sur une longue durée. Je travaille principalement avec des expatrié·es qui voyagent et changent de pays assez régulièrement. Sachant que l'expatriation peut très bien être un couple qui part s'installer dans un autre pays et dans lequel il va s'arrêter vivre pendant de longues années. De moi, mon expérience, étant donné que j'ai changé de pays tous les 2 ou 3 ans en moyenne, je suis habituée à avoir des transitions successives avec un certain rythme et c'est quelque chose qui me motive mais je suis aussi amenée à accompagner des femmes (parce que je ne travaille qu'avec des femmes) qui ont vécu dans le même pays pendant 10 ou 15 ans parce que les transitions ne sont pas que des transitions géographiques, ce sont surtout des transitions d'émotions, des transitions de la vie.


AM : Eh oui ! Tout à l'heure, j'ai cité des trucs "bateau" comme on dit en français, des choses évidentes comme le départ et l'arrivée, ce sont des bouleversements auxquels on s'attend quand on décide de s'expatrier, quand on décide de partir de son pays pour aller vivre dans un pays étranger. Mais quelles sont les autres transitions qui sont moins évidentes dans cette expatriation ?



NF : Il y en a plusieurs parce que la vie en général, qu’on soit chez soi ou dans un autre pays, c'est une succession de transition : on est enfant, on devient adolescent, on devient femme après on se marie, après on a des enfants, on devient maman, tout ça ce sont des transitions. Quand on vit à l'étranger, se superposent sur ces transitions que j'appellerais "naturelles", d'autres transitions qui sont liées à un monde extérieur qui seront la culture du pays dans lequel on a décidé, ou où on est envoyé pour vivre, la problématique linguistique, de religion et aussi la partie logistique qui amène à une certaine dépendance émotionnelle : trouver les bonnes écoles, prendre des décisions sur le type d'éducation donner aux enfants (le système scolaire), tout ça, ça fait partie des transitions.

Mon travail est d'aider les femmes qui changent de pays à garder un certain équilibre parmi les 5 piliers de la vie : sur le MOI et le JE intérieur (ne pas s'oublier), sur l'aspect de la famille, sur l’aspect du couple, sur l’aspect social et le travail. Ce sont les 5 domaines vraiment qui sont "un peu beaucoup" perturbés lorsque l'on part vivre à l'étranger, et quel que soit le pays, que ce soit un pays dit « facile » ou « difficile », ce sont toujours des piliers qui sont en situation de se rééquilibrer.


AM : tu as évoqué un certain schéma qui est pas forcément le même pour tout le monde, pour toutes les femmes. Tout ça vient s'entrechoquer avec les autres transitions et cette construction dans toutes ces transitions va être très différente d'une personne à une autre...


NF : Tout à fait et en plus chaque personne va avoir plus ou moins d'affinité par rapport à un pays, mais cette affinité peut aussi dépendre de la transition dans laquelle elle se trouve. Par exemple, partir de chez Chine pour s'installer aux Etats-Unis lorsque l'on est une trentaine d'années et qu'on est mariée sans enfant, ce ne sera pas la même expérience, pas du tout le même ressenti que si ç'avait été de Chine aux Etats-Unis en ayant un nouveau-né ou ç'aurait été différent si c'était de Chine aux Etats-Unis en ayant 2 ou 3 enfants. Donc les transitions sont globalement des thèmes génériques mais chacun dedans y va avec des émotions tout à fait personnelles parce que c'est un moment dans la vie qui n'est pas défini. Donc c'est pour ça que...moi j'aime souvent prendre l'image d'un funambule. Je trouve que l'expatriation c'est beaucoup le funambule qui est sur sa corde et doit passer d'un continent à un autre. Qui a son propre équilibre à trouver en fonction de sa physionomie mais qui doit aussi s'équilibrer par rapport à tous les éléments extérieurs qui sont ceux de ce nouveau pays et garder son équilibre jusqu'à ce qu'il puisse traverser de l'autre côté quel que soit cet autre côté qu'il voudrait rejoindre. Pour moi c'est une image très très forte qui est de constamment garder cet équilibre intérieur mais aussi de garder cet équilibre intérieur pour ne pas tomber. Je trouve que c'est vraiment la plus belle image représentative de l'expatriation.


AM : Alors, moi en plus, quand tu parles du funambule, cette personne souvent acrobate qui se déplace sur un fil, j'ai l'image que la personne, le ou la funambule, tient un bâton pour aider à s’équilibrer non ?


NF : Tout à fait. Et ce bâton c'est un peu le coaching que j'apporte, des astuces mais aussi un travail. C'est un échange, moi le travail que je fais, ça s'appelle du coaching mais pour moi c'est un accompagnement : être là à disposition pour échanger, partager sur des sujets que ma cliente a à un moment donné dans sa vie, les sujets peuvent être très variés l'éducation, la maladie, elle-même qui se sent pas bien, un début de dépression. Alors je suis pas du tout médecin, mais à un moment où on se sent un peu bas dans les énergies parce que l'expatriation fonctionne avec la "U-curve" c’est-à-dire que c'est un chemin et tous les expatrié·es passent par cela, de la lune de miel au côté fantastique du nouveau pays, à un moment de rejet et de dépression négative jusqu'à ce qu'on remonte la courbe qui est signe d'intégration et d'adaptation. Ce travail de coaching que je fais c'est un moment spécifique dans lequel la femme peut se sentir entendue, comprise, dans une grande bienveillance, il n'y a aucun jugement, pas de sujet tabou, heu...


AM : C'est important comme tu dis, pas de sujet tabou, de se laisser vivre pleinement bah cette expérience-là, d’expatriation mais comme pour toute expérience c'est important de tout laisser vivre, et de savoir accepter ce qui est là au moment où c'est là.


NF : Tout à fait, tu as complètement raison Alice. C'est accepter les émotions et ensuite décider de ce que l'on fait et surtout bien accepter parce qu'il n'y a pas ...

Souvent en expatriation tu entendras le mot "succès", il faut absolument que l'expatriation soit "successful" alors moi c'est pas du tout le mot que j'utilise, je préfère que les clientes soient heureuses, si c'est possible mais c'est pas toujours possible on n'est pas toujours "happy" parce qu'on est expat’, donc pour moi ce qui est important c'est d'être équilibrée, d'avoir une certaine satisfaction. Parfois on vit dans un pays qu’on n’aime pas beaucoup, peut-être qu'une amie adorera mais chacun a la liberté d'avoir un sentiment, des émotions par rapport à un endroit ; ce qui pour moi est important c'est que ma cliente puisse trouver les moyens et les outils pour avoir une vie équilibrée dans ce pays, même si elle a des moments d'insatisfaction, pour que la mission que son mari a à atteindre dans son travail, puisse garder la cellule familiale dans les meilleures conditions possibles. On peut pas tout aimer dans tous les pays. On a sa propre nature, sa propre personnalité, et parfois il y a des pays dans lesquels on vit où culturellement c'est compliqué.


AM : Oui et effectivement, c'est là où tu interviens pour être une oreille attentive et accompagner. Est-ce qu'il y a d'autres choses qu’on peut mettre en place ou des outils qu’on peut à utiliser soi-même, pour vivre « au mieux », pas forcément vivre « bien » puisque comme tu le dis, on n’est pas forcément « heureux » ou « bien », "au mieux de ce qu’on peut faire". Est-ce qu’il y a des outils, des choses qu'on peut faire pour faciliter aussi sa vie d'expatriée ?


NF : Je pense que déjà, accepter que ce que l'on ressent est normal et qu'il n'y a pas de honte que ce n'est pas un tabou c'est déjà le premier pas. Ensuite, quelque chose qui est très important, c'est le réseau social : ne pas rester seule. Tout le monde n'a pas cette capacité à connecter facilement mais c'est important de sortir de sa zone de confort, alors ça l'air plus facile à dire qu'à faire, mais parfois faire appel à des gens comme moi ça permet de partager avec quelqu’un de neutre les sentiments, les identifier, accepter qu'ils soient là et voir comment on peut contourner, comment on peut aider la personne à avoir une vision différente du pays.

Des fois quand on aime pas quelque chose, on est dans cet aspect négatif, mais même dans un pays, par exemple où on n'a pas tellement d'affinités, tout n'est pas négatif, quelque chose lié à une émotion, une passion quelque chose que la personne a en elle, reprendre des cours de musique, des petites choses à faire, un travail personnel de retour à ses valeurs et aussi d'identifier les choses qu'on avait oubliées pour essayer de recréer son lien social, de se réintégrer dans un nouveau monde.

AM : J’aime beaucoup cette idée de retourner vers des choses qu'on aime, qui nous ont portées et apporté quelque chose à un moment dans notre vie, avant l'expatriation, et y revenir c'est un moyen de se retrouver, de mieux s'ancrer en soi-même, d'être ancrée en soi-même avec plus de stabilité pour se sentir mieux et s'ouvrir à l'expérience et aux autres.


NF : Oui, tout à fait, c'est ça. Et aussi parce que dans l'expatriation, la partie logistique souvent permet qu'on se noie dans toute la logistique et on a tendance à mettre nos émotions de côté. Lorsque la partie logistique (déménagement, emménagement, école) est terminée, là on se retrouve souvent face à soi-même et c'est là où généralement la fin de la lune de miel commence.

Et l'autre chose importante, c'est de toujours arriver dans un nouveau pays…Un : ne jamais comparer par rapport à là d'où on vient. La comparaison est toujours néfaste, que l'on compare à son pays d'origine ou au pays d'où l'on vient.

Et de l'autre, c'est d'essayer d'arriver dans un nouveau pays sans préjugés. C'est très difficile, mais avoir le minimum de préjugés possibles, et si on identifie qu'on a énormément de préjugés, alors travailler sur cela. « Pourquoi est-ce qu'on a des préjugés ? Est-ce que le préjugé est fondé sur des choses réelles ou fondé sur de l'imaginaire ou sur ma propre culture, ou sur un groupe social dans lequel j'étais ? ».

C'est assez important de ne pas avoir de préjugé et de ne pas comparer, parce que même dans un pays francophone, c'est pas parce qu'on parle la même langue que c'est le même pays. Très souvent, dans la communauté française, les gens disent « Oh la baguette n'est pas aussi bonne », Non en effet... je crois que c'est important de se dire que quand on part dans un autre pays, ce n'est pas pour retrouver ce qu'il y avait dans le pays d'avant ou dans son pays d'origine.


AM : Mmm, je pense que je la ressens…en tant qu'expat’ française en Espagne, j'ai eu ce petit défaut de beaucoup comparer.

Par contre, quelque chose d’un petit peu perturbant de mon point de vue d'enseignante de langue… en langue j'invite beaucoup mes élèves à comparer les langues parce que c'est ça qui permet un meilleur apprentissage, de pouvoir comparer, de voir ce qui est différent, ce qui est pareil parce que c'est ça qui va beaucoup nous aider. Ca facilite la mémorisation et une meilleure intégration de la langue. Après, là où je te rejoins ce sera de...la comparaison est peut-être inévitable, mais le jugement lui ne l'est pas du tout, et c'est pas parce que c'est différent que c'est mieux ou moins bien.


NF : Exact, non tu as raison, et de toute façon comparer c'est humain.

J'aime beaucoup ce que tu dis par rapport à la linguistique. C'est pas comme une baguette, c'est complètement différent. La linguistique est l'outil qui permet une certaine compréhension de la culture du pays dans lequel on vit. Alors je suis tout à fait consciente, que quand on change de pays tous les 2 ou 3 ans, encore une fois chaque individu réagira différemment et chaque expérience est personnelle, mais des fois c'est très difficile de passer beaucoup de temps à apprendre à parler la langue correctement. L'apprentissage de la langue du pays dans lequel on vit mais je ne dirais pas que ce soit forcément crucial, dans le sens où on peut des fois, avoir des circonstances, où apprendre la langue est pratiquement impossible mais ça n'empêche pas de vivre de manière épanouie dans le pays, à condition de parler quand même je crois au minimum anglais. De mon expérience, être expat’ sans parler anglais, on part avec un handicap supplémentaire. Parler au moins 2 langues, ça facilite quand même beaucoup. Ce n'est pas insurmontable…


AM : Ce que j'entends, ce qui est fondamental, c'est la communication. C’est-à-dire que si on peut pas communiquer dans la langue donc on passe par l'anglais, et c’est-à-dire ce qu'il faut c'est surtout ne pas couper la communication avec les personnes qui vivent dans le pays qui nous accueillent.

NF : Tout à fait, c'est très important d'avoir un autre moyen et le fait de parler anglais ça donne la possibilité d'arriver dans un terrain neutre, chacun parle dans une langue qui n'est pas la sienne et ça ça crée des ouvertures qui sont super agréables.

Mais en même temps, on peut vivre dans un pays sans en parler parfaitement la langue. Moi comme j'ai changé de pays très très souvent, je n'ai pas eu, fait, pris, suffisamment le temps de parler couramment la langue de chacun des pays dans lesquels j'ai vécu. J'aurais aimé mais je n'ai pas pu.

Par contre, j'ai une petite technique, j'appelle ça le "puzzle" de la langue : c'est que j'arrive dans un pays, et j'apprends à peu près entre 500 et 1000 mots que j'apprends par cœur et ensuite je les mets bout à bout en prenant soit l'anglais, soit le français, soit l'espagnol pour construire des phrases. Alors forcément, quand on vit en Tchéquie, en Russie ou en Allemagne, dans des pays où il y a des déclinaisons, très certainement pour les gens qui sont locaux et qui sont de langue allemande, ça doit être absolument épouvantable d'entendre parler comme ça, mais ça donne un sentiment de liberté de pouvoir aller acheter son pain, de pouvoir communiquer un minimum même si ce n'est pas parfait, ça ouvre plein de portes. Et je crois que c'est vraiment un des outils qui est indispensable quand on arrive dans un nouveau pays, c'est au moins d'essayer parce que personne ne demande à ce qu'on parle parfaitement mais c'est au moins essayer et même si ça ressemble à "moi vouloir manger beurre" eh ben c'est pas grave parce que les personnes comprennent !

Et il y a aussi la communication non verbale qui est très très importante, et là c'est presque encore une autre langue parce tout ce qui est la communication corporelle ne veut pas dire la même chose d'un pays à un autre.


AM : Tout à fait ça peut être un peu piégeux parce que on se dit "ah bah la communication corporelle, non verbale elle est universelle ! " Pas du tout, elle est aussi très culturelle


NF : Ca pourra faire un autre podcast.


AM : Effectivement j’imagine !

Après je pense aussi que ça peut être la différence entre des personnes "serial expat" changer régulièrement, être en mobilité internationale avec des missions courtes et ne rester que 2 ou 3 ans dans un pays, par rapport à des personnes qui ont un projet d'installation plus longue et où là, va intervenir un meilleur apprentissage de la langue pour être capable de, pas forcément de parler parfaitement mais d'avoir des nuances et d'exprimer ce qu'on a en tête et pas forcément un aspect pragmatique, pratique, terre-à-terre, de la baguette ; au-delà de la bonne conjugaison, tu disais tout à l'heure "moi vouloir pain", on peut apprendre à conjuguer mais parfois l'apprentissage de la langue il est plutôt là pour faire passer ses émotions aussi, faire passer des sentiments, un état d'être qu'on peut pas faire passer en disant "moi vouloir pain".

Ce sont des étapes différentes, des expériences différentes. Et je pense que c'est très important de bien identifier ce dont on a besoin, c'est important de ne pas s'entêter, comme tu le disais tout à l'heure à vouloir parler "parfaitement", surtout si on a un objectif de 2 ou 3 ans, d'autant qu'après on va se heurter à beaucoup de frustration, et ça c'est assez délétère et négatif, d'être frustrée.

NF : Alors c'est vrai que la problématique linguistique... la problématique de l'expat’, c'est que rien n'est certain.

Des fois on arrive dans un pays dans lequel on sait qu'on va rester que 2 ou 3 ans et on part dans l'idée « bon bah je vais pas investir trop de temps », parce qu’il y a les enfants peut-être des tas de choses qui se passent dans la vie, et peut-être qu'au bout de 3 ans, on reste 3 ans de plus et c'est là où se dit « déjà 3 ans de passés, j'ai pas beaucoup investi dans cette langue ! » et c'est là où c'est complexe parce qu'on se coupe d'une intégration plus poussée dans le pays, notamment de pouvoir participer à des événements culturels qui seraient que dans la langue de ce pays.

Alors c'est vrai qu'aujourd'hui c'est plus facile, avec Netflix avec tout ce que l'on peut avoir dans la langue de son choix à la maison, c'est beaucoup plus facile, mais il y a toute une partie culturelle quand on ne parle pas la langue de pays, on passe un peu à côté... tout ce qui est le théâtre, le cinéma (alors de plus en plus on peut avoir accès au ciné en langue originale mais pas toujours, tous les pays n'offrent pas ça). Et passer à côté d'une meilleure compréhension de ce pays parce qu'il y a une grosse partie de « pourquoi ? quand ? comment ? » qui passe aussi par la langue.

Donc je crois que c'est important pour tes auditrices et auditeurs de se poser la question "quel mon but par rapport à cette langue ?", parce que la certitude n'existe pas. Donc je crois qu'il faut trouver un juste milieu, on en revient à la transition et à l'équilibre d'avoir un niveau de la langue suffisamment satisfaisant pour soi, son égo, être compris·e, et pouvoir, si on reste sur le long terme, d'avoir construit une base sur laquelle on pourra développer davantage.

Chaque pays est différent, quand on est en Europe, on est plus avec les locaux, il y a une certaine facilité, en Asie, c'est plus difficile d'être avec les locaux parce que les cultures sont très très différentes, même si on parle la langue, avoir des ami·es qui soient que 100% par exemple chinois souvent ce sont des couples mixtes. Lui va être d'une nationalité étrangère, elle va être chinoise, donc il y a une autre connexion. Mais il y a des pays où même si on parle très bien la langue, on sera quand même l'étranger, alors qu'en Europe, très souvent, il y a une mixité ou aux Etats-Unis en Amérique Latine, ça vaut le coup de passer du temps à parler la langue.

AM : C'est une très bonne nouvelle pour mes auditeurices parce qu’iels s'installent plutôt en Europe, en France, en Belgique ou en Suisse. On va terminer sur cette bonne nouvelle.

Merci beaucoup d'avoir partagé ton expérience et ton expertise, ça se nourrissait vraiment, on sent à quel point ton expertise vient du vécu et c'est très important, c'est très agréable d'entendre ça, ça donne vraiment confiance. Merci pour ces conseils. Comment les auditeurices peuvent te retrouver, te suivre ?


NF : Actuellement, je suis en remise à plat parce que je viens de terminer ma certification en coach en divorce (qui est une autre transition de vie en expatriation) et donc principalement sur LinkedIn on est sûre de pouvoir me retrouver. Et comme on dit en anglais, "stay tuned" il y a pas mal de choses qui vont bouger.

Et merci à toi Alice de m'avoir donné l'opportunité de partager sur ma vie et sur cette passion pour l'expatriation, parce que même si c'est très "challenging" et qu'on passe par des moments très très difficiles ça vaut vraiment le coup parce que vivre en dehors de son pays, c'est une grande richesse.

AM : Merci beaucoup !


Ami·e non francophone, merci et bravo d’avoir écouté cet entretien en français jusqu’au bout. Je suis curieuse de connaître ta propre expérience, alors n’hésite pas à la partager en commentaires sur le blog ou à m’envoyer un petit message, pour me dire comment les mots et conseils de Nadege ont résonné en toi.

J’espère que cet épisode t’aura apporté des « trucs et astuces », peut-être une autre perspective pour vivre au mieux ton expatriation en pays francophone. Je souhaite que ce podcast soit pour toi un pas de plus pour être et devenir toi-même…en français !

Je te rappelle que tu peux aussi recevoir ma newsletter, la Lettre du Moi(s), où tu trouveras, en plus de mon actualité, des idées et ressources inspirantes pour améliorer et pratiquer ton français. Et si tu as des doutes sur la langue ou la culture française, tu peux m’envoyer tes questions et je te répondrai en podcast. Envoie-les-moi à allo@aliae.fr.

A la prochaine !




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